Fri. Jun 26th, 2026

Je ne me souviens plus qui a critiqué The Bear en disant que ce n’était pas vraiment une comédie, même si la série figurait dans la catégorie « comédie » aux Golden Globes, mais la personne qui a fait ce commentaire devrait être en train de fixer le lointain, comme Oppenheimer. Cette blague a clairement agacé les créateurs de The Bear, parce que, oh là là, la série s’est vraiment mise à faire de la comédie à fond dans les saisons 3 et 4. Le drame d’antan, la tension brute, les moments de tendresse, tout ça était bien là, mais on a ensuite eu droit à ce qui semblait être des minutes interminables de gags, des personnages qui s’élevaient la voix les uns contre les autres sans autre raison que d’essayer de nous faire rire, et un flot quasi constant de « Faks » de moins en moins drôles.

Ce qui semblait autrefois porter la marque d’une série prestigieuse est rapidement tombé au rang de divertissement de confort, et même si j’ai apprécié la majeure partie du temps passé avec The Bear, quelle que soit la saison, j’ai eu l’impression que les atouts des personnages s’étaient vraiment estompés au fil du temps. J’avais de grosses craintes pour la saison 5, c’est le moins qu’on puisse dire, car c’est la dernière fois qu’on aura l’occasion de voir Carm, Richie, Sydney et tous les autres mener une vie incroyablement stressante pour nous servir des plats qui ont l’air super appétissants. Heureusement pour le spectateur, Christopher Storer et son équipe semblent avoir appuyé autant que possible sur le bouton « reset » pour cette cinquième et dernière saison de The Bear. Elle n’est pas aussi solide que la saison 1, mais on a beaucoup moins l’impression de flotter entre des moments importants, entrecoupés de longues séquences d’humour répétitif.

Ce que j’apprécie beaucoup dans la cinquième saison de The Bear, ça se voit dès les premières minutes du premier épisode. C’est le chaos à Chicago : une tempête inonde la ville et cause toutes sortes de problèmes au restaurant. On reprend aussi exactement là où on s’était arrêté à la saison 4. Carm s’en va, le restaurant n’est pas rentable et oncle Jimmy cherche à vendre. Il reste une chance, un dernier service, et c’est autour de ça que tourne toute la saison 5. La dernière saison de The Bear fait preuve d’une concentration géniale qu’on voit rarement dans les finales d’autres séries. Parfois, on dirait que les scénaristes ne se rendent même pas compte que c’est la dernière saison jusqu’à ce que le dernier épisode arrive (je te regarde, The Boys), puis on passe de 0 à 150 plus vite que tu ne peux suivre, et on est obligé de regarder une fin clairement bâclée à la va-vite. Même si tu trouves que cinq saisons, c’est trop court pour The Bear, la décision de faire tourner toute la saison autour d’une seule nuit est une bonne idée. On a quelques instants pour retrouver nos personnages principaux, se rappeler ce qu’ils font, et c’est parti.

Ça nous permet aussi de nous replonger facilement dans ce qui a fait le succès de The Bear. La cuisine, les personnages et cette tension chaotique qui ne cesse de monter, de monter, de monter, jusqu’à ce que tu aies l’impression de devoir attraper une serpillière et commencer à aider ces gars-là pour qu’ils n’explosent pas tous sous la pression. On n’est pas tout à fait revenus à la case départ. Sydney ne poignarde personne et Richie essaie de garder son sang-froid comme il l’a fait depuis la fin de son arc de rédemption, mais le rythme de la saison 5 de The Bear nous offre de belles montagnes russes. On monte, on descend, puis on descend encore un peu, puis on remonte légèrement, avant de plonger dans les profondeurs du désespoir, puis d’être propulsés aussi haut que possible. La série nous a bien conditionnés à présent, et on sait que même si tout semble aller pour le mieux, il y a toujours quelque chose qui peut faire basculer la situation.

Pour que tout se passe le mieux possible pendant cette période d’enfer, The Bear a besoin d’un leader. Carmy n’est plus cette figure, et je crois qu’il n’a jamais été autant traité comme un personnage secondaire dans la série qu’il dirigeait autrefois que dans la saison 5. Mais c’est parfait pour l’histoire que Storer veut raconter dans cette dernière saison. Carm s’en va, donc on ne veut pas donner l’impression que tout va s’écrouler sans lui, même si c’est peut-être le cas. Une grande partie de la saison tourne autour de Sydney, Richie et, dans une moindre mesure, de Sugar ou Nat. Comme on en est à la dernière saison, il n’y a plus beaucoup de marge de manœuvre pour que ces personnages évoluent ou changent de cap, mais c’est quand même super captivant de voir leurs parcours arriver à leur terme. D’autres piliers du restaurant, comme ma préférée, Tina, ainsi que Marcus, Luca, Ebraheim et d’autres, sont toujours là, tout comme une grande partie de la famille élargie, mais c’est là que The Bear commence à s’alourdir.

Le thème d’une grande famille qui se rassemble pour s’entraider est sympa, et ça donne lieu à des moments réconfortants et chaleureux, mais il y a vraiment trop de personnages dans la saison 5 de The Bear, même si on a supprimé pas mal de caméos de célébrités. Comme tout le monde a besoin de son temps à l’écran, il ne reste pas beaucoup de temps pour nous offrir ces moments forts qui font la réputation de la série. Carmy et Richie ont à peu près un moment à l’extérieur où on a l’impression de retrouver l’ancien Bear, puis on retombe dans un enchaînement d’intrigues tellement dense qu’on n’a plus le temps de profiter de ce qu’il y a entre les deux. Ces dialogues dont on se souvient, ces éléments qui donnent tout son poids aux moments décisifs de la série. Il y a bien des flashbacks, mais ils ne servent qu’à rappeler ce qu’était The Bear à l’origine. À quel point c’était brut, alors qu’aujourd’hui, on a l’impression d’une version aseptisée de la série. Et ça tient davantage à l’accent mis sur la comédie dans les saisons 3 et 4 qu’à la saison actuelle.

Tous les conflits ou dénouements ne font pas mouche non plus. Luca et Marcus ont une petite dispute, et même si ça ne me dérange pas forcément que ces deux-là soient en conflit, la façon dont c’est mis en scène semble assez bâclée, au point que je pense qu’on aurait pu mieux utiliser ces minutes ailleurs. Ce n’est pas vraiment du temps perdu, par contre, et comme on le sait, chaque seconde compte. On a l’impression que la saison 5 a adopté ce mantra à fond, puisqu’on passe le moins de temps possible sur des choses qui ne nous rapprochent pas de notre objectif final, pour le meilleur et, dans certains cas, pour le pire.

Ayant regardé tous les épisodes de The Bear sauf un, je peux affirmer avec certitude que la série s’est sortie de justesse du piège qui l’aurait fait sombrer dans une comédie décalée sur un restaurant à l’esprit « tout est possible ». Ça aurait été captivant de voir où la série aurait pu aller sans ce virage vers la comédie, mais la saison 5 m’offre suffisamment de tension, de drame et de personnages solides pour me rappeler pourquoi je soutiens toute l’équipe de The Bear : pour qu’ils puissent garder le sourire plus d’une minute avant que quelque chose ne tourne mal. Ça ne restera pas dans les annales comme l’une des meilleures séries télé, mais c’est une très bonne série que je vais sûrement me remettre à regarder très bientôt.

By Connor Westbrook

Connor Westbrook brings his dynamic energy to Liverpool's sports scene, where he's been making waves in sports journalism for the past eight years. With a background in semi-professional football, he offers unique insights into the tactical aspects of the game.

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